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 pretendues erreurs grammaticales au coran

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ismael-y
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Nombre de messages : 479
Date d'inscription : 13/05/2006

MessageSujet: pretendues erreurs grammaticales au coran   Lun 19 Juin - 8:03

Réponses au négateurs qui prétendent avoir décelé des "erreurs grammaticales" dans le Noble Coran .

1*/
Au sujet de la prétendue erreur de déclinaison du nom « Sabéens »

["Première erreur". En 5:69

"Ceux qui ont cru, ceux qui se sont judaïsés, les Sabéens, et les Chrétiens, ceux parmi eux qui croient en Allah, au Jour dernier et qui accomplissent les bonnes oeuvres, pas de crainte sur eux, et ils ne seront point affligés.
"Innal-laziina 'aamanuu wal-laziina haaduu was-Saabi'uuna wan-Nasaaraa man 'aamana bilaahi wal-Yawmil-'Aakhiri wa 'amila saali-hanfalaa khaw-fun 'alay-him wa laa hum yah-zanuun."
Il y a une erreur de grammaire dans le verset précédent. Le mot Saabi'uuna a été mal décliné.
Dans deux autres versets, le même mot, dans exactement la même configuration grammaticale, a été décliné correctement.
2:62 "Innal-laziina 'aamanuu wal-laziina haaduu wan-Nasaaraa was-Saabi'iina ..."
22:17 "Innal-laziina 'aamanuu wal-laziina haaduu was-Saabi'iina wan-Nasaaraa ..."
Notez que le mot a été écrit Saabi'uuna en 5:69 et a été écrit Saabi'iina en
2:62 et en 22:17. Dans les deux derniers versets, le mot a été décliné correctement car le mot inna du début de la phrase implique une forme de déclinaison appelée "nasb" (pour l'accusatif et le subjonctif) et le "yeh"
est le signe du "nasb". Mais le mot Saabi'uuna en 5:69 a reçu un 'uu, waw qui est le signe d'un "raf'a" (pour le nominatif et l'indicatif). C'est une erreur de grammaire évidente]


Réponse

Certes le mot Saabi'uuna figure dans deux autres versets, mais ni la configuration syntaxique est la même ni l’effet stylistique recherché est le
même: quoiqu’il soit question dans les trois versets cités d’adjonction de quatre segments de nature grammaticale diverse (2 phrases verbales et 2
noms) à l’aide de la particule « wa » qui marque la coordination des différents éléments énumérés, il s’agit de structures sémantiquement différentes.
La construction « Innal-laziina 'aamanuu wal-laziina haaduu wan-Nasaaraa was-Saabi'iina » présente dans la sourate 2, verset 62 s’insère au sein d’une configuration syntaxique de nature hypothétique. L’énumération et la coordination tend de ce fait à établir l’égalité des quatre franges, sans distinction aucune pour l’une d’entre elles, face à la possibilité d’une bonne récompense ou issue à condition (mane amana minhum) de croire en Dieu ; auquel cas, nulle crainte (fala khawfun 3alayhim).

La construction "Innal-laziina 'aamanuu wal-laziina haaduu was-Saabi'iina wan-Nasaaraa wal majoussa wal-laziina achrakou ..." fait en fait référence dans (22:17) à une énumération plus longue que la précédente et dont les éléments constitutifs (6 au lieu des quatre habituels) sont composites. Le but n’étant point de les mettre sur le même diapason, mais de signaler et d’insister, par la reprise « inna » et « le pronom affixe hum » (inna Allaha yafsilo baynahom) dans la seconde partie de la phrase, sur l’inéluctable justice que fera Allah en tranchant entre eux. Donc l’effet stylistique recherché ici est à l’inverse du premier et pourtant il s’agit d’éléments coordonnés là aussi !

Quant à la construction objet de contestation "Innal-laziina 'aamanuu wal-laziina haaduu was-Saabi'uuna wan-Nasaaraa », l’effet recherché cette fois-ci est la mise en évidence de l’élément « sabéens » - en tant que catégorie de mécréants indigne de pardon puisqu’ils se sont égarés et écartés des deux confessions juive et chrétienne- et qui devient pourtant méritoire elle aussi de rédemption et de pardon si elle fait acte de repentir et croit en Dieu. En opérant cette rupture de syntaxe qui intercale un sujet (mobtada’) dont l’attribut (khabar) est supprimé, au milieu des éléments coordonnés, l’impact du pardon et de la rétribution pour les chrétiens et les judaisés -qui rappelons le, sont l’objet du verset
précédent- se fait d’autant plus évidente et accessible en comparaison des sabéens ; à condition bien sûr qu’ils croient en Dieu et au Jour dernier.
Azzamakhchari fait de ce verset l’interprétation suivante « l’objectif de cette antéposition (taqdim) est d’avertir que si les sabéens sont pardonnés quand leur foi et leur action s’avèrent vraies et salutaires, que ne ferait-on alors pour les autres ?» [voir Al kachchaf, Tome 1, p 648)


En définitive, beaucoup plus que l’acharnement à trouver des erreurs là où il n’en existe pas, le fait d’imputer l’irrégularité syntaxique du V.68,
S.5 à une erreur grammaticale, dénote plutôt une ignorance d’un élément important dans la grammaire arabe : la pragmatique ou les règles d’usage.


2*/
Concernant la présumée erreur n° 2 :

[Deuxième erreur. En 4:162
Mais ceux d'entre eux qui sont enracinés dans la connaissance, ainsi que les croyants, (tous) ont foi à ce qu'on a fait descendre sur toi et à ce qu'on a fait descendre avant toi. Et quant à ceux qui accomplissent la Salat, paient la Zakat et croient en Allah et au Jour dernier, ceux-là Nous leur donnerons une énorme récompense.
Le mot muqiimiin devrait être muqiimuun. Le mot devrait être décliné en "raf'a" comme les autres noms de la phrase. En plus, les deux noms qui le précèdent (Raasi-khuun et Mu'-minuun), et le nom qui suit (mu'-tuun) sont déclinés correctement. Certains ont prétendu que ce mot était décliné de cette manière pour distinguer et adorer l'acte de la prière, mais le savant Ibn al-Khatib dit que c'est un mauvais raisonnement. (al-Furqan par Mohammad M. 'abd al-Latif Ibn al-Katib, Dar al-Kutub al-'elmiyah, Beirut, p.43). Un tel raisonnement défie la logique. Pourquoi distinguer la prière, qui est une branche de la religion, et pas la foi qui est le fondement et la racine de la religion ? En plus, est-ce que cette logique s'applique aux erreurs de déclinaison des versets précédents ? Doit-on conclure que les Saabi'iin sont plus distingués que ceux qui croient, et que le Peuple du Livre ? Et pourquoi sont-ils distingués dans un verset et pas dans l'autre, comme nous avons vu ? Dieu est plus haut que cette logique douteuse. Ceci est encore une erreur grammaticale évidente.]

Réponse


Encore une fois, s’il est une remarque que la plupart de ces commentaires imposent c’est qu’ils se referment tels des pièges sur eux-mêmes. Ils émanent d’un souci de rhétorique hâtivement et aveuglément dressée en réquisitoire contre l’inimitabilité du Coran « i3jazz quor’ani ».
Effectivement « Dieu est plus haut que toute logique douteuse » ! Et la déclinaison du nasb pour « moquimina » n’est point une erreur grammaticale et ce, pour les raisons suivantes :
a) Ce verset est situé après deux autres versets (V160 et V161) consacrés
aux châtiments infligés à ceux parmi les chrétiens et les judaîsés qui furent injustes et qui prenaient l’usure…à ceux là « nous interdîmes des choses bonnes, qui leur étaient licites// harramna 3alayhim tayyebatin uhillate lahum. (V160- traduction Berque) » et cependant le Coran conclut dans le verset suivant par « A ceux d’entre eux qui sont mécréants nous avons préparé un châtiment douleureux // wa-a3tadna lilkafiriina minhum 3adhaaban aliimaa (V161- traduction Hamidollah) ». C’est dans ce Contexte qu’il faut lire et interpréter le verset 162. La particule lakin, utilisée généralement pour istidrak ou nuance oppositive, introduit la grâce accordée par Dieu à ceux d’entre eux qui sont enracinés dans la science, ceux qui croient en les révélations précédentes et celle faite à notre prophète «Laakinir-Raasi-khuuna fil-'ilmi minhum wal-Mu'-minuuna yu'-minuuna bi-maaa 'unzila 'ilayka wa maaa 'unzila min-qablika // Mais ceux d’entre eux qui sont enracinés dans la science, ainsi que les croyants, croient en ce qu’on a fait descendre vers toi, et en ce qu’on fait descendre avant toi (traduction Hamidullah) »

b) La coordination 3atf de « wal-muqiimiin as-Salaata » se fait, non par
référence à ce qui suit mais à ce qui précède. Autrement dit cela signifie ceux parmi eux qui croient en les révélations passées et présente et (sous entendu, qui croient) en ceux qui établissent l’Office ; à noter que ceux qui établissent l’Office ne sont autres que les prophètes prédécesseurs de Mohamed saws. C’est là une interprétation que Azzamakhchari préfère à celle attribuant le nasb d’al-muqiimiin à la volonté de distinguer et privilégier l’Office sur le reste des cultes. Et quoiqu’il mentionne cette interprétation dans son Kachchaf (Tome1, p.577), il fait vite de préciser que c’est là une explication discréditée par Sibawayh, le célèbre grammairien arabe avec preuves et arguments à l’appui.


En définitive, après avoir étayée les deux interprétations justificatives du nasb d’al-muqiimii, il serait surprenant, pour nous contemporains du XXI siècle, de savoir qu’il y’a cinq ou six siècles déjà qu’Azzamakhchari, anticipant sur ce genre de jugements erronés avait écrit concernant l’interprétation ou exégèse de ce même verset « Ne donnez point crédit à ceux qui prétendent qu’il s’agit là d’une erreur de transcription du Coran.
C’est là un constat que peut émettre celui qui n’a point de connaissance de ce Livre ou celui qui ignore que les règles régissant l’ikhtissass ou focalisation chez les arabes - ce procédé si prisé par eux- implique la nécessité d’utiliser le nasb. Enfin, celui formulant un tel constat aura commis l’impudence de croire que nos prédécesseurs qui étaient des gens soucieux de défendre leur foi, pareils en cela à leurs prédécesseurs chrétiens et judaïsés, auraient eu l’inadvertance de laisser circuler, des siècles durant, une erreur de transcription du Livre sacré et de confier à leurs successeurs le soin de rectifier les écueils et de colmater les brèches » [Al kachchaf, Tome 1, p.577]

3*/

[Troisième erreur. En 20:63 Ils dirent : "Voici deux magiciens..." ___"Qaaluuu inna haazaani la-saahiraani ..."

Le mot haazaani devrait être haazayn.
Le mot haazaani a été mal décliné car le mot inna du début de la phrase implique une forme de déclinaison appelée "nasb" pour le nominatif et le "yeh" est le signe du "nasb". Ceci est la troisième erreur grammaticale.]

Réponse


Il s’agit en fait de la particule « inn » et non « inna », preuve en est -selon Ibnu Kathir, Ibnu Hafs et Azzamakhchari- la présence du « la- » précédant « saahiraani ». Par conséquent il s’agit de la particule négative [inn a-nnaafiya] qui a la même fonction que « laysa » ; l’on sait que tant le nom comme l’attribut de « laysa » doivent être déclinés au « raf3 ». Il s’ensuit que le mot - « haazaani » est décliné correctement.
Pour de plus amples informations conférer Al-kachchaf d’Azzamakhchari, Tome3, p.70, ainsi que Al-i3raab de Raji Al-asmar p.63
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ismael-y
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MessageSujet: Re: pretendues erreurs grammaticales au coran   Lun 19 Juin - 8:03

4*/[Quatrième erreur. En 2:177

"La bonté pieuse ne consiste pas à tourner vos visages vers le Levant ou le Couchant. Mais la bonté pieuse est de croire en Allah, au Jour dernier, ...
de donner de son bien ... et de délier les jougs, d'accomplir la Salat et d'acquitter la Zakat. ..."
"Laysal-birra 'an-tuwalluu wujuuhakum qibalal-Mashriqi wal-Maghrib wa laakinnal-birra man 'aamana billaahi wal-Yawmil-'Akhiri wal-malaaa-'ikati wal-Kitaabi wan-nabiyyiin: wa 'aatal-maala 'alaa hubbihii zawilqurbaa wal-yataamaa wal-masaakiina wabnas-sabiili was-saaa-'iliina wa fir-riqaab:
wa'aqaamas-Salaata wa 'aataz-Zakaata; wal-muufuuna bi'ahdihim 'izaa 'aahaduu was-Saabiriina fil-ba'-saaa'i wazzarraaa-'i ..."
Dans le verset ci-dessus, il y a 5 erreurs grammaticales. Pour quatre d'entre elles, un mauvais temps a été utilisé, car la phrase commence au présent avec le verbe tuwalluu, alors que les quatre autres verbes ont été écrits au passé :
'aaman should be tu'minuu;
'aata shoud be tu'tuu;
'aqaama should be tuqimuu;
'aata shoud be tu'tuu.
Le verset ci-dessus, lorsqu'il est traduit en anglais [note : en français][/note] comme il apparait en arabe donne : "Il n'est pas convenable que vous tourniez vos visages vers le Levant ou le Couchant. Mais convenable est celui qui a cru en Allah et au Jour dernier... et qui a donné son bien... et qui a accompli la prière et payé la Zakat."
Mais les traducteurs anglais ont respecté le temps, et les verbes "cru", "donné", "accompli" et "payé" ont été corrigés et écrits au présent (par exemple, regardez les traductions anglaises de Arberry, Pickthall, Yusuf Ali et Rodwell).
[Note : en français Hamidullah a utilisé une autre méthode pour dissimuler ce problème, il a tout mis à l'infinitif !] La cinquième erreur est dans la mauvaise déclinaison du mot saabiriina. Il devrait être décliné saabiruuna comme le mot précédent muufuuna.]

Réponse

Concernant les soi-disant quatre erreurs relatives au choix du temps verbal pour « 'aamana”, « 'aata”, “'aqaama”, et« 'aata”. Je répète encore une fois qu’il faut d’abord connaître non seulement les règles grammaticales mais aussi “moqtadayatu at-tadawuli” (un peu l’équivalent des règles d’usage; c’est là ce qui correspond le plus à la pragmatique actuellement)!
En effet, il faut d’abord signaler que le système verbal arabe ne compte pas les memes nuances d’aspect et de temps que celles que connait le système verbal français ou espagnol; en arabe on a deux aspects pour ne pas parler de temps [l’aspect accompli rendu par le passé al-maadi et l’aspect inaccompli rendu par le présent al-modare’], en plus du mode impératif. Les valeurs temporelles exprimées sont cependant plus nombreuses vu que ces deux temps (présent-passé) peuvent exprimer quand ils sont adjoints de certaines particules diverses valeurs telles que le passé lointain, le passé proche, le futur… En outre, il était de rigueur déjà du temps de l’anté-islam que les arabes usent dans certains contextes, notamment dans les énoncés à haute teneur sémantique, d’un temps passé pour signifier le moment présent ou l’inverse.


Aththa’aalibi réserve le chapitre 19 de son ouvrage “Fiqhu al-loghati wa asraaru al-‘arabiyati” à ce fait de langue; il l’a intitulé “Du verbe conjugué au passé mais qui signifie le futur et de celui conjugué au futur signifiant le passé”. D’ailleurs la langue arabe n’est pas seule à faire cela, celle française aussi….Ne dis –t-on pas en français “il aura fallu plusieurs années sanguinolantes de siège et de guerre pour que Grenade soit enfin sous l’emprise espagnole”. C’est le contexte qui fait que tel temps verbal exprime une valeur autre que celle qui lui est assignée d’habitude.

A cet égard, Berque, qui a annexé sa traduction du Coran d’une sérieuse étude sur le langage coranique et ses spécificités, notamment sa poéticité, a fait un commentaire assez intéressant concernant le schème verbal dans le Coran et qui à mon sens explique beaucoup de singularités dans le temps des verbes au sein du Coran “L’énergie langagière se reporte donc sur le schème verbal, comme il sied à un texte où tout ressortit de l’oeuvre de Dieu, suscitatrice de celle de l’homme. Aussi bien, Dieu parle-t-Il de hauteurs où s’évanouit l’opposition de ce que nous distinguons en passé, présent et futur…Dès lors, ce qui affectera les valeurs verbales, ce sera une variation d’aspects et de modes, plutôt que l’échelonnement dans le temps.”(p.746) Enfin concernant ce que l’on suppose être la 5ème erreur de ce verset, à savoir la “déclinaison” du mot saabiriina en accord avec le mot précédent muufuuna. Je résume que c’est là un autre cas de focalisation (ikhtissass), par conséquent je renvoie à l’explication fournie concernant la déclinaison du mot « saabi’iina » dans le verst 69, sourate 5.

5*/
[Cinquième erreur. En 3:59]
Pour Allah, aisssa est comme Adam qu'Il créa de poussière, puis Il lui dit "Sois" : et il fut.
"Inna massala 'Isaa 'indal-laahi ka-masali 'Adam; khalaqahuu min-turaabin-sum-ma qaala lahuu kun fa-yakuun."
Le verset ci-dessus traduit en anglais [note : en français] comme il apparait en arabe devrait donner : "Pour Allah, aissa est comme Adam qu'Il créa de poussière, puis Il dit 'Sois' : et il est." Au-dessus, c'est la traduction de Pickthall note : pour la traduction française j'ai pris celle de Hamidullah. Notez bien le yakuun (est) qui apparait en arabe au présent.
Le mot yakuun ("est" en français) devrait être kana ("fut") pour être cohérent avec le temps passé utilisé pour le verbe "dire" et ceci a été corrigé par Arberry, Rodwell, Yusuf Ali [note : et donc aussi par Hamidullah !] dans leur traduction de ce verset. Ceci est la cinquième erreur.)


Concernant le choix du temps verbal, conférer les données fournies pour l’explication précédente [Sixième erreur. En 21:3 "les injustes tiennent des conversations secrètes..."
"Laahiyatan - quluubuhum. Wa 'asarrun-najwallaziin zalamuu..."
Le mot 'asarru devrait être 'asarra. La phrase ci-dessus est une phrase verbale, et la règle pour une telle phrase, où le verbe vient avant le sujet (masculin), est que le verbe soit à la troisième forme (masculine) du singulier, si le sujet actif de la phrase verbale est déclaré dans la phrase. (La même règle vaut en substituant les mots "masculin" par
"féminin".) Mais le verbe dans le verset coranique est au pluriel. Pourtant la règle a bien été respectée aux versets 3:52, 10:2, 16:27, 16:35, 3:42 et 49:14.] Les arabes qui disaient « akaluunii albaraghiith » [Ils m’ont mangé les puces ] et « jaa’uunii banuu foulane» [ils sont venus les untels]… ne s’interrogent guère de trouver dans le Coran «Wa 'asarrun-najwallaziin zalamuu... ».


De quoi se surprendre si le Coran a été révélé dans la langue et l’usage des arabes de la péninsule arabique afin de leur en faciliter la compréhension. Aththa’aalibi qui s’est également soucié de recenser ce fait de langue dans son ouvrage “Fiqhu al-loghati wa asraaru al-‘arabiyati” le traite au chapitre 15 sous le titre de “Du verbe conjugué au pluriel bien que précédant le sujet”.
Il cite notamment ce même verset du Coran et le verset 71 de la sourate5 « thumma ‘amuu wasammuu » ainsi qu’un vers du poète abuu Firaass al-hamadaanii (cf ;p362-363) Azzamakhchari, rendant compte dans Al kachchaaf des diverses interprétations données de l’usage du pluriel pour le verbe asarra dans ce verset, fait mention de la possibilité de le considérer comme badal (adjectif apposé) de « allaziina zalamuu » ainsi que du simple respect d’un usage de la parole des arabophones d’alors (Voir pour plus de détails p.99, tome3)

a suivre




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ismael-y
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MessageSujet: Re: pretendues erreurs grammaticales au coran   Lun 19 Juin - 8:07

6*/
Sixième erreur. En 21:3 "les injustes tiennent des conversations secrètes..."
"Laahiyatan - quluubuhum. Wa 'asarrun-najwallaziin zalamuu..."
Le mot 'asarru devrait être 'asarra. La phrase ci-dessus est une phrase verbale, et la règle pour une telle phrase, où le verbe vient avant le sujet (masculin), est que le verbe soit à la troisième forme (masculine) du singulier, si le sujet actif de la phrase verbale est déclaré dans la phrase. (La même règle vaut en substituant les mots "masculin" par
"féminin".) Mais le verbe dans le verset coranique est au pluriel. Pourtant la règle a bien été respectée aux versets 3:52, 10:2, 16:27, 16:35, 3:42 et 49:14.] Les arabes qui disaient « akaluunii albaraghiith » [Ils m’ont mangé les puces ] et « jaa’uunii banuu foulane» [ils sont venus les untels]… ne s’interrogent guère de trouver dans le Coran «Wa 'asarrun-najwallaziin zalamuu... ».

De quoi se surprendre si le Coran a été révélé dans la langue et l’usage des arabes de la péninsule arabique afin de leur en faciliter la compréhension. Aththa’aalibi qui s’est également soucié de recenser ce fait de langue dans son ouvrage “Fiqhu al-loghati wa asraaru al-‘arabiyati” le traite au chapitre 15 sous le titre de “Du verbe conjugué au pluriel bien que précédant le sujet”.
Il cite notamment ce même verset du Coran et le verset 71 de la sourate5 « thumma ‘amuu wasammuu » ainsi qu’un vers du poète abuu Firaass al-hamadaanii (cf ;p362-363) Azzamakhchari, rendant compte dans Al kachchaaf des diverses interprétations données de l’usage du pluriel pour le verbe asarra dans ce verset, fait mention de la possibilité de le considérer comme badal (adjectif apposé) de « allaziina zalamuu » ainsi que du simple respect d’un usage de la parole des arabophones d’alors (Voir pour plus de détails p.99, tome3)

7/8 Septième et huitiéme erreur. En 22:19

"Voici deux clans adverses qui disputaient au sujet de leur Seigneur...
"haazaani Khismani 'ikhtasamuu fi rabbihim..."
En arabe, comme en anglais [note : et en français aussi], les mots sont accordés en nombre. En anglais [note : et en français] il y a deux genres :
le singulier et le pluriel. Donc en anglais deux hommes sont considérés comme un pluriel. Mais en arabe, il y a trois genres : le singulier, le duel, et le pluriel. Donc en Arabe les verbes et les noms sont mis au singulier, ou au duel, ou au pluriel. Le verbe dans ce verset a été conjugué comme si le sujet était plus que duel. Mais le verset parle seulement de deux, donc la règle du duel devrait être appliquée, et le mot 'ikhtasamuu devrait être 'ikhtasamaa. Donc ceci est encore une autre erreur.
Huitième erreur. En 49:9
"Et si deux groupes de croyants se combattent, faites la conciliation entre eux."
"wa 'in-taaa-'ifataani mi-nal-Mu'-miniinaq-tatalu fa-'aslihuu baynahumaa."
Cette erreur dans ce verset est comme la précédente. Le genre est encore duel, mais le verbe a été conjugué comme si le sujet était pluriel. Donc le verbe 'eq-tatalu devrait être écrit 'eqtatalata.]

Réponse

Dans les deux cas, il s’agit de noms morphologiquement déclinés au duel mais sémantiquement désignant un pluriel d’où la concordance du verbe avec le sémantisme du nom et non avec ses désinences morphologiques (alif et noun signifiant le duel). La plupart des exégètes interprètent l’usage du pluriel au lieu du duel pour l’accord entre le verbe et le sujet (1er cas) ou entre le nom et le pronom (2ème cas) comme étant une concordance sémantique : « khismani » /deux clans adverses/ est un attribut qualifiant deux groupes en discorde, les gens du Livre et les croyants ; de même « taa’fataani minal-muuminina » /deux groupes de croyants/ fait référence à un nombre pluriel. L’on parle alors du signifiant du mot (lafzo l’kalim) et de son signifié (al-ma’na) et le passage d’un niveau à un autre ou leur jumelage au niveau d’un même énoncé peut se faire en soumettant le duel aux désinences du pluriel. Cet écart à la norme grammaticale qui est généralement fait dans un but poétique et qui vise un effet de style, est très fréquent dans l’arabe classique.

IL ne se cantonne pas dans la simple alternance du duel/pluriel, il est également utilisé pour l’alternance du masculin pluriel/féminin pluriel, l’usage du féminin ou du pluriel conformément au sens de l’énoncé et non par concordance aux désinences grammaticales relatives au genre du mot. Cette dérogation se prolonge pour compter également l’utilisation du nom (ism) et du nom d’action (masdar) à la place du participe-actif (faa’ilun) et du participe passif (maf’uulun)….etc [pour plus ample information revoir les chapitres 14-24 de “Fiqhu al-loghati wa asraaru al-‘arabiyati” ] En fait, c’est là un usage très fréquent dans la poésie arabe classique, souvent pour des exigences de versification (allitérations, assonances…).


Par conséquent, il n’ya aucune irrégularité dès lors que les besoins les justifiant ou les dictant demeurent conformes à la logique de la phrase, et ne portent point préjudice à la cohérence du texte. Preuve que ces dérogations ne sont point des irrégularités, est qu’aucune de leurs nombreuses occurrences dans le Coran, ne se fait de manière aléatoire ; elles ont toutes en commun le jumelage des deux niveaux morphologique et sémantique au niveau du même énoncé, sans doute un degré de symbiose et d’isomorphisme entre le signifiant/le signifié qui demeure impossible de concevoir pour toute personne acharnée à user des mêmes mesures pour deux choses aussi distinctes que la parole et la langue.
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ismael-y
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MessageSujet: Re: pretendues erreurs grammaticales au coran   Lun 19 Juin - 8:10

9*/
Neuvième erreur. En 63:10


[i]"... Seigneur! si seulement Tu m'accordais un court délai : je ferais l'aumône et serais parmi les gens de bien".
"... Rabbi law laaa 'akhartaniii 'ilaaa 'ajalin-qariibin-fa-'assaddaqa wa 'akum-minas-salihiin."
Le verbe 'akun est mal conjugué. Il devrait être écrit 'akuuna, c'est-à-dire que la dernière consonne doit avoir la voyelle "a", au lieu d'être sans voyelle, car le verbe 'akun est au subjonctif. En plus, le verbe précédent
('assaddaqa) a été correctement conjugué et est au subjonctif. La raison de cela est qu'en arabe le présent est mis au subjonctif s'il est précédé par certains mots (huruf nasebah). Un de ces mots est le mot causal "fa".]

Réponse

Selon Azzamakhchari, l’on peut et l’on a d’ailleurs fait deux lectures de ce verset correspondantes à deux interprétations : la 1ère lecture-interprétation (qiraa’a-ta’wiil) établit une concordance littérale entre les deux verbes « assadaqa » et « akuna » par référence au « lafz » c'est-à-dire à la littéralitté de l’énoncé, autrement dit nasb de akouna par accord avec assadaqa. La 2ème lecture-interprétation établit, quant à elle une concordance au niveau de la structure profonde de la phrase c'est-à-dire au vouloir-dire ; cela reviendrait à dire que la particule « lawla » faisant ici office d’une condition, devrait faire le même effet que « in », la particule type du chart (système hypothétique), laquelle particule implique la déclinaison du « jazm ». Ainsi, akun serait accordé par substitution
(fii-mahalli) avec assadaqa, le vouloir dire étant « in akhkhartani, assaddaq wa-‘akun » « si tu m’accordais un délai, je ferais l’aumône et je serais… »

Dixième erreur. En 91:5
Par le ciel et Celui qui l'a construit ! // "was-samaaa-'i wa maa ba-naahaa."
Le mot ma en arabe est utilisé au mode impersonnel. Mais le sujet du verset est Dieu. Donc le mot qui devrait être utilisé est le mot arabe "man"
(signifiant "lui qui"). Arberry a traduit ce verset ainsi: "Par le ciel et ce qui l'a construit" sous-entendant Dieu. Pickthall cependant à corrigé le mode impersonnel ("ma", ce que) et a traduit le verset par : "Par le ciel, et Celui qui l'a construit." [Note : Hamidullah a fait de même !] De plus, Pickthall a aussi corrigé les deux versets suivants :
Et par la terre et Celui qui l'a étendue (91:6).
Et par l'âme et Celui qui l'a harmonieusement façonnée (91:7).
[Note : même chose pour Hamidullah !]

Yusuf Ali, pour contourner le problème, a traduit le verset comme suit :
"Par le firmament et sa structure extraordinaire". Donc le sujet "Dieu"
n'apparait pas du tout dans sa traduction. Il donne la raison de cette traduction dans une note de bas de page en disant : "Le ma masdariya en arabe, dans cette phrase et les suivantes, se traduit mieux en anglais avec des noms." Mais le mot bana in banaha n'est pas un nom mais un verbe conjugué au passé comme l'ont correctement traduit Arberry et Pickthall. Le mot ma aurait dû être man (signifiant "qui") et dans ce contexte, il aurait dû être "Qui" avec la capitale Q.]


Réponse
Les exégètes ont fait différentes interprétations de ce verset et plus spécialement de la détermination de la nature grammaticale de ‘’ma’’ et de sa fonction dans cette phrase. D’aucuns comme Tabarrii y voient une « ma» masdareyya (Particule réservée en arabe au mode impersonnel ou à désigner le
non-personnel) constituant avec le verbe un groupe verbal signifiant ‘’un construire’’ ; d’autres tel que zamakhcharii contestent le bien fondé de cette interprétation qui, dit-il [Al-kachchaf, T.4, p.747], serait en rupture syntaxique avec ‘’fa’alhamahaa’’. Il s’incline donc en faveur d’une interprétation selon laquelle le ‘’ma’’ serait mawsuuliyya (relative) ; la substitution du ‘’man’’ (qui) par ‘’ma’’ (que) se justifierait alors par la volonté de mettre en évidence ‘’la valeur descriptive’’ (ma’naa al-wasfeyya) ; le groupe relatif aurait alors comme équivalent ‘’ Par le ciel, par le Puissant, le Très Grand qui l’édifia…’’


[Onzième erreur. En 41:11
Il S'est ensuite adressé au ciel qui était alors fumée et lui dit, ainsi qu'à la terre : "Venez tous deux, bon gré, mal gré." Tous deux dirent :
"Nous venons obéissants."
"...faqal laha wa lel-Arad 'iteya taw'aan aw karha qalata atayna ta'e'een."
Le ciel et la terre en arabe sont des noms féminins. Le verbe utilisé dans "ils dirent" est conjugué au féminin pluriel (qalata), mais l'adjectif "obéissants" à la fin du verset est masculin pluriel (ta'e'een), enfreignant la règle voulant que les adjectifs s'accordent en nombre et en genre avec le nom auquel ils se rapportent, donc ta'e'een qui est utilisé au pluriel devrait être ta'e'atain qui est au féminin duel.]


Réponse

La substitution d’un affixe duel par celui pluriel pour marquer l’accord entre le verbe ‘’qaalataa’’, décliné au duel féminin, et l’adjectif modal
(al-haal) ’’taa’i’iine ‘’, décliné lui au masculin pluriel ; cette dérogation donc aux règles de l’accord en genre et en nombre concernant l’adjectif modal « taa’i’iine » se doit selon Azzamakhchari au fait qu’il s’agit d’une part des cieux et terres en tant qu’interpellées et en tant que sujets s’étant exécutés et d’autres part de leur promptitude à s’éxécuter
(taw’un) ou de leur réticence (karhan) ; autrement dit l’accord fait entre le ‘’hal’’ (adjectif modal) et le nom auquel il se rapporte, n’est ni morphologico-grammatical (ce qui aurait donné ‘’taa’i’atayni’’), ni sémantique (ce qui aurait donné ‘’taa’i’aatin’’) mais énonciatif.


[ 12 éme erreur,


"... inna rahmata Allahi qaribun min al-mohseneen."
Le verset est à la forme nominale. Dans ce cas, le prédicat devrait être accordé en genre au sujet (rahmata) de la forme nominale. Le mot qaribun (signifiant "proche") se rapporte à rahmata Allahi ("la miséricorde d'Alahh"), donc ils devraient correspondre en genre. Mais ce n'est pas le cas dans le texte arabe. Rahmata est féminin en arabe et donc le mot qaribun (qui est masculin) devrait être qaribah (sa forme féminine).
Cette règle a été correctement observée dans d'autres versets du Coran. Par exemple, en 9:40, nous lisons : "Kalemat ul-llah heya al-'ulya." Ici, les deux mots Kalemat et heya sont féminins. Dire à la place : "Kalemat ul-llah howa al-'a'la" ne serait jamais correct. Ce serait tout aussi erroné que de dire : "... inna rahmata Allahi qaribun min ..."]

Réponse

Dans ce verset, ce qu’on peut appeler une dérogation aux règles habituelles de l’accord entre l’adjectif et le nom prend forme dans la déclinaison de ‘’qarib’’ au masculin ‘’qaribun’’ au lieu du féminin ‘’qaribah’’ qu’exige normalement la concordance avec le genre (féminin) de l’antécédent ’’rahmata’’. Cette soi-disant singularité se justifie par le fait que qaribun serait pris dans le sens d’un « rahem ou tarahhom » (matrice ou clémence, deux mots masculins en arabe) ou d’un adjectif (sifa) attribué à un « mawssouf » (un décrit) supprimé. Une autre interprétation du même verset attribue le genre masculin du mot quaribun au changement de catégorie grammaticale ; il s’agirait non d’un adjectif mais d’un masdar (nom
d’action) ou d’un participe passif (fa’iilun)… [Interprétation que préconise Azzamakhchari, Cf Tome 2, p.107]


[13 éme erreurs,


Treizième erreur. En 7:160
"Nous les répartîmes en douze tribus..." // "wa qata'nahom 'ethnata 'ashrata asbatan."
À la place de asbatan on devrait lire sebtan.
Dans le texte arabe, il est dit littéralement "douze tribus". Ceci est correct en anglais mais pas en arabe. En arabe, il devrait être écrit "douze tribu" [note : tribu au singulier] car le nom qui est dénombré à l'aide d'un nombre supérieur à dix doit être singulier. Cette règle est respectée par exemple dans les versets : 7:142, 2:60, 5:12, 9:36 et 12:4.

Réponse

En fait, la soi-disant dérogation aux règles habituelles de l’accord entre le nombre et le dénombré qui exigerait la déclinaison du mot ‘’sebtane’’ au singulier et non au pluriel (asbatane= pluriel de sebtane) puisque le chiffre est supérieur à dix ; cette soi-disant dérogation se justifie par le fait que l’emploi du singulier signifierait ‘‘descendants d’un fils’’ or, il s’agit des fils ou descendants ’’ pour chacuns des douze fils de Jacob), donc chacune des douze tribus dérivées de la descendance de Jacob s’est ramifiée à son tour en en descendants, d’où l’usage du pluriel [Cf Azzamakhchari, Tome 2, p.162 ]
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MessageSujet: Re: pretendues erreurs grammaticales au coran   Lun 19 Juin - 8:11

Réponses au négateurs qui prétendent avoir décelé des "erreurs grammaticales" dans le Noble Coran .


Fatawa Islam Q&A (www.islam-qa.com)


On lit dans la sourate 2 ceci : « Certes, Nous avons donné le Livre à Moïse; Nous avons envoyé après lui des prophètes successifs. Et Nous avons donné des preuves à Jésus fils de Marie, et Nous l' avons renforcé du Saint-Esprit. Est- ce qu' à chaque fois, qu' un Messager vous apportait des vérités contraires à vos souhaits vous vous enfliez d' orgueil? Vous traitiez les uns d' imposteurs et vous tuiez les autres.» (Coran, 2 : 87).
Mon collègue chrétien dit : regarde comment une phrase avec un présent indicatif (vous tuez) est coordonné à un autre construite avec un verbe au passé (vous tratiez). Le verset devrait se présenter comme suit : (à Dieu ne plaise que nous changions quoi que ce soit dans le saint Coran) : « Vous avez démenti un groupe et tué un autre » en mettant le deuxième verbe (tuer) au passé puisque les prophètes ont cessé d’exister depuis la mort de Muhammad, le sceau des prophètes. Rappelons en passant que l’intéressé ne croit pas que Muhammad est un prophète ; il croit plutôt que Jésus était le sceau des messagers.
Le verset 47 de la sourate 3 se présente ainsi : «.. Quand Il décide d' une chose, Il lui dit seulement: "Sois"; et elle est aussitôt. ». Mon collègue chrétien considère aussi que cette construction est faible et qu’il serait plus correct ( à Dieu ne plaise que nous changions quoi que ce soit du Saint livre) : – « Sois ; et elle est ». J’espère un éclairage de votre part pour me permettre de lui répondre. Interrogez les gens du Rappel si vous ne savez pas.


Réponse :



Louanges à Allah


Premièrement, celui qui se trouve incapable d’engager une discussion, doit craindre Allah pour ce qui le concerne et éviter de déclencher un débat ; il vaut mieux qu’il protège sa religion contre toute querelle avec des ignorants ou des gens qui nourrissent des doutes.


Deuxièmement, s’agissant des doutes suscités – qui sont en réalité plus fragiles que la toile d’araignée – nous y répondrons de deux manières.


La première, succincte, consiste à dire que le Coran est le livre d’Allah révélé à des arabes purs qui devançaient les autres nations dans les domaines de l’éloquence et de la rhétorique. Ces arabes manifestaient le plus grand intérêt pour ce domaine et avaient atteint la plus haute maîtrise des facettes de rhétorique. Ils organisaient des festivals marqués par la déclamation de poèmes et la prononciation de grands discours et avaient attaché une sélection de leurs poèmes à la Kaaba pour manifester leur admiration de l’éloquence et de la rhétorique. Ils rivalisaient dans la composition de beaux poèmes et discours. La poésie coulait dans leurs veines ; ils ne pouvaient s’empêcher de la laisser s’exprimer en cas de tristesse, de joie, de mort, de naissance, de bonheur, de malheur, de victoire ou de défaite. Les proches et les étrangers leur reconnaissaient ces dons et aucune nation ne les y égalait.


C’est pourquoi la sagesse divine a voulu que le Coran fût révélé dans cette langue qui leur inspirait la fierté et leur faisait croire qu’ils étaient supérieurs aux autres peuples. Cependant le Coran les a éblouis par ses merveilleux termes, ses beaux sens et ses grands objectifs et styles, de manière qu’ils se sont soumis et ont eu pour le Coran un respect tel qu’ils n’osaient plus remettre en cause un seul de ses mots ou construction ou mode d’expression.


Allah, le Transcendant, les a défiés dans Son livre de produire un texte égal au Coran et ils n’ont pas pu le faire. A fortiori ils n’ont pas pu mettre en cause ni sa syntaxe ni sa parfaite clarté. C’est pourquoi le Très Haut dit : «Dis: "Même si les hommes et les djinns s' unissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne sauraient produire rien de semblable, même s' ils se soutenaient les uns les autres". » (Coran, 17 : 88). Ensuite, Allah les a mis au défi de produire un texte comparable à dix de ses sourates. À ce propos, le Très Haut dit : «Ou bien ils disent: "Il l' a forgé (le Coran)" - Dis: "Apportez donc dix Sourates semblables à ceci, forgées (par vous). Et appelez qui vous pourrez (pour vous aider), hormis Allah, si vous êtes véridiques". » (Coran, 11 : 13).


Quand ils se sont avérés incapables de relever ce défi, Allah les a mis qu défi de produire l’équivalent d’une seule sourate du Coran. À ce propos le Très Haut a dit : «Si vous avez un doute sur ce que Nous avons révélé à Notre Serviteur, tâchez donc de produire une sourate semblable et appelez vos témoins, (les idoles) que vous adorez en dehors d' Allah, si vous êtes véridiques. » (Coran, 2 : 23).


Cela étant, il est inacceptable de la part de quelqu’un qui vit dans une époque marquée par la détérioration de la langue (arabe) à cause de son contact avec les autres langues, de proférer de telles balivernes qui ne font que révéler la profondeur de son ignorance, la pauvreté de sa pensée, la fragilité de sa logique et la défectuosité de sa langue. Jadis, on a dit :


Que de fois une mauvaise compréhension


Fait remettre en cause une parole exacte !


La deuxième manière plus exhaustive consiste à démontrer les facettes de l’éloquence et de la rhétorique dans les passages critiqués.


Quant à la parole du Très Haut : «Certes, Nous avons donné le Livre à Moïse; Nous avons envoyé après lui des prophètes successifs. Et Nous avons donné des preuves à Jésus fils de Marie, et Nous l' avons renforcé du Saint-Esprit. Est- ce qu' à chaque fois, qu' un Messager vous apportait des vérités contraires à vos souhaits vous vous enfliez d' orgueil? Vous traitiez les uns d' imposteurs et vous tuiez les autres » (2 : 87) l’érudit, at-Tahir ibn Ashour dit dans son commentaire du Coran intitulé : at-tahrir wat-tanwîr, 1/598 : « le verbe (tuer) conjugué au présent indicatif est substitué au passé pour amener le lecteur à se représenter à l’esprit un état affreux, leur état quand ils tuaient leurs messagers. C’est comme la parole du Très Haut : « Et c' est Allah qui envoie les vents qui soulèvent un nuage que Nous poussons ensuite vers une contrée morte..» (Coran, 35 : 9). Ceci s’ajoute à ce que l’expression « vous tuez » permet de maintenir la rime, d’où un sens parfaitement clair et un bel agencement ».


Cheikh Ibn Outhaymine cite dans son commentaire du Coran (1 : 283) un autre avantage que des ulémas reconnaissent à l’usage de l’expression « vous tuez » qui indique la continuité. C’est que les Juifs ont perpétué la tradition qui consiste à tuer les prophètes systématiquement jusqu’au dernier d’entre eux : Muhammad. En effet, ils ont tué ce dernier à cause du poison qu’ils lui ont fait avaler à Khaybar car il n’a cessé d’en souffrir jusqu’à sa mort et il disait au cours de son ultime maladie : « le repas que j’ai consommé à Khaybar n’a cessé de m’affaiblir et c’est maintenant que ma veine basilique va ceder » (rapporté par Abou Dawoud, 4512 ; rapporté par al-Boukhari de manière « suspendue » ; déclaré par al-Albani « beau et authentique » dans Sahihi Abi Dawoud, 3784).


S’agissant de la parole du Très Haut : «Quand Il décide d' une chose, Il lui dit seulement: "Sois"; et elle est aussitôt. » (3 : 47), ce que le critique en dit constitue la plus grande preuve de son ignorance puisque le verset parle de la volonté divine portant sur la future existence d’une chose et non son existence dans le passé. C’est ce qu’indique l’usage de la particule : idha qui indique le futur. C’est pourquoi le verbe (dire) est conjugué au présent indicatif qui indique (aussi) le futur. C’est aussi pourquoi ce verbe est suivi du verbe (être) conjugué au présent indicatif employé pour le futur.


Allah le sait mieux.
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